Le traité des Pyrénées
Le
7 novembre 1659, un traité inespéré met fin à une
interminable guerre, la guerre de Trente Ans, qui oppose les dynasties française
des Bourbons et espagnole des Habsbourg. Le Traité des Pyrénées
est signé dans l’Ile aux Faisans sur la rivière de la Bidassoa
entre Mazarin, ministre de Louis XIV et Don Luis de Haro, premier ministre du
roi Philippe IV d’Espagne.
L’Espagne, vaincue à la bataille des Dunes (menée par Turenne
en 1658, entre Dunkerque et Nieuport en Flandre), cède plusieurs places
fortes en Flandre (Gravelines, Thionville, Montmédy et Philippeville)
et aux frontières du duché de Lorraine. Mais surtout, elle abandonne
à la France l’Artois, le Roussillon et 33 villages de Cerdagne.
De plus, est conclu le mariage entre Louis XIV et l’infante Marie-Thérèse,
qui en échange d’une dot de 500.000 écus - que l’Espagne
ne pourra jamais payer -, renonce pour elle et sa descendance à ses droits
sur la couronne d’Espagne (d'où la naissance du blason
de Mont-Louis).
La paix des Pyrénées achève ainsi l’oeuvre des traités de Westphalie *, consacrant la prépondérance de la France en Europe et la fin de la domination espagnole.
* Le premier traité est conclu à Osnabrück
le 6 août 1648 entre l'empereur d'Allemagne, la Suède et les puissances
occidentales, le second à Münster le 8 septembre 1648 entre l'empereur
et la France. Ces traités consacrent l'affaiblissement de l'empereur
allemand. Issu de la dynastie des Habsbourg qui règne sur les États
autrichiens, celui-ci ne possède plus qu'une autorité symbolique
en Allemagne, émiettée en 350 principautés plus ou moins
grandes, jalouses de leur indépendance.
L’enclave de Llivia, subtilité politique du traité des
Pyrénées.
Lors des rudes tractations menées pour définir les limites méridionales
précises du nouveau royaume de France, Mazarin s’étonne
de ne point trouver le nom de Llivia dans la liste des 33 villages du comté
de Cerdagne concédés à la France. Don Luis de Haro lui
rappelle l’antique statut de municipe, donc de ville et non de village.
Le territoire de Llivia est donc conservé par le roi d’Espagne.
Sur le terrain, une « route neutre » (sans contrôle douanier)
de 4 km relie Llivia au territoire espagnol et à Puigcerda. Au fil des
siècles, les traités de 1659 et 1660 ne furent jamais remis en
cause malgré les conflits entre les deux pays. Et les problèmes
de contrebande ont disparu avec l’unification du marché intérieur
au sein de l’Union européenne.